Ultras, pyrotechnie et tension : récit du derby de Belgrade Étoile Rouge vs Partizan

Plongez au cœur du derby de Belgrade, où l’Étoile Rouge et le Partizan se livrent une bataille sans merci. Entre cortège des supporters, chants, fumigènes et pyrotechnie, vivez 90 minutes d’un spectacle hors norme dans l’un des stades les plus électriques d’Europe. Nous y étions pour notre 5ème derby sur place avec des voyageurs qui ont vécu un weekend foot extraordinaire.

La marche vers le stade Rajko Mitić (Marakana)

De Saint Sava aux abords du stade : sécurité maximale

En ce dimanche 22 février, le départ se fait depuis Saint Sava, monument emblématique de Belgrade. Descendre à pied vers le stade est un rituel. La ville semble retenir son souffle. La sécurité est impressionnante : policiers de part et d’autre des voies de tram et des routes, barrages filtrants, rond-point verrouillé. Tout est orchestré pour ce derby de Belgrade qui reste l’un des plus spectaculaires d’Europe.

L’objectif : arriver 2h30 avant le coup d’envoi pour assister au cortège des supporters du Partizan, dont les Grobari sont les plus importants,  depuis le Partizan Stadium. 

Neuf minutes de passage ininterrompu des supporters du Partizan

Arrêtés à 200 mètres du cortège, nous attendons 30 minutes sur les voies de tram. Puis le grondement monte. Avec un chronomètre pour le fun : neuf minutes de passage continu de supporters du Partizan devant nous. Chants, fumée, pétards et bombes agricoles créent un spectacle saisissant. Visuellement et vocalement, c’est impressionnant. Le derby commence bien avant le coup d’envoi !

Je veux y aller

L’avant-match du derby éternel : ambiance, tifos et provocations

Ouverture des cordons et montée vers le stade de l'Etoile Rouge

30 minutes plus tard, les cordons policiers s’ouvrent et nous pouvons accéder aux abords du stade de l’Étoile Rouge de Belgrade. La montée vers l’enceinte est animée : chants qui se répondent, supporters qui trinquent et premières écharpes visibles.

À noter : aucune couleur dominante dans la ville avant d’arriver au stade c’est vraiment la particularité de ce derby. Installés 45 minutes avant le coup d’envoi, nous avons une vue parfaite : un œil sur la tribune principale des Delije et l’autre sur le parcage visiteurs, estimé à 8000–9000 supporters. 

Autre singularité : les joueurs de l’Étoile Rouge ne s’échauffent jamais sur le terrain principal. Seuls l’arbitre, son équipe et l’équipe visiteuse foulent la pelouse avant le match. L’Étoile Rouge s’entraîne sur le terrain annexe d’entrainement derrière le stade. 

Tifos au Marakana et premières étincelles

Au coup d’envoi, côté Étoile Rouge, un tifo spectaculaire se déploie : un voile central s’ouvre dans la tribune et des feuilles rouges et blanches volent de part et d’autre.

En face, pas de pyrotechnie côté Partizan, uniquement un bloc ultra compact, drapeaux agités et chants continus, impressionnant tant vocalement que visuellement. L’ambiance monte progressivement avant que le match ne commence réellement.

Le volcan Marakana explose : 90 minutes de folie totale

Lancement du derby éternel et tension immédiate

Dès les premières minutes, le derby s’embrase. Les supporters du Partizan côté corner commencent à lancer des projectiles : gros pétards et bombes agricoles à proximité des joueurs.

Les joueurs s’écartent et reprennent le jeu, mais la tension est palpable. Très vite, les Delije montent sur le toit pour déployer une banderole provocatrice évoquant un ex-président du Partizan d’origine croate. Les supporters du Partizan l’arrache et la brûle, montrant que la rivalité historique est bien présente. Les premières minutes mettent clairement dans le contexte : tribunes et terrain sont virulents et électriques.

Sur le terrain, le Partizan rate une énorme occasion d’ouvrir le score en début de match et il faudra attendre la 45+5 pour voir l’Etoile Rouge mené 1-0 avant la pause.

Buts, VAR, pyrotechnie et ambiance de feu​

Au retour des vestiaires, la folie continue : stroboscopes, fumée, fusées derrière la cage. L’Étoile Rouge marque le 2-0, le vacarme est total, les supporters en délire.

Puis arrive ce moment crucial : un pénalty est sifflé pour le Partizan à la VAR. Le gardien l’arrête mais le ballon revient sur sur un joueur du Partizan qui marque…explosion de folie dans le parcage : fumigènes, bombes agricoles, chants à fond. Mais l’arbitre consulte à nouveau la VAR et annule le but, constatant qu’un bout de genou dépassait. Décision très sévère et presque illogique tant la VAR est radicale sur le règlement.

Score final : 3-0. Les joueurs saluent les Delije, nouveau show pyrotechnique dans la pénombre. Les chants reprennent, joueur après joueur. Le derby de Belgrade n’a pas déçu : puissance vocale, pyrotechnie et rivalité historique. Une expérience unique, hors norme, que l’on peut ressentir uniquement là-bas.

Je veux y aller