Retour sur nos 2 derniers voyages foot exceptionnels en Argentine
De retour d’Argentine, je me devais de vous partager les deux séjours foot incroyables que nous venons de vivre. Nous étions à chaque fois 11 voyageurs « The Fan Kultur » sur cette véritable terre du football où rires, soleil, asado, visites des différents quartiers, boutiques de maillots et football ont rythmé nos journées.
A travers cet article, je voulais vous partager mes 3 meilleures expériences vécus sur place au stade lors de ces deux voyages foot à Buenos Aires, fin mars et mi-avril 2025.
Le Superclasico River Plate-Boca Juniors au Mâs Monumental
La folie du Superclasico
Pure folie. Démesure. Dingue. Immense. Les mots me manquent pour qualifier ce Superclasico que nous avons eu la chance de vivre dans le plus grand stade d’Amérique du Sud : le Mâs Monumental. Il n’était pas inscrit au programme initialement mais la programmation TV et les disponibilités de mes prestataires nous ont donné une chance inouï de faire partie des 86 000 personnes à vivre le plus grand derby au monde : River Plate vs Boca Juniors.
Un rêve de gamin d'avoir sa place pour River-Boca
C’était un rêve depuis l’adolescence, le genre de rêve qu’on pense inatteignable tant il semble lointain et difficile d’accès…et pourtant on l’a vécu au stade. L’avant match a été une pure folie avec des rassemblements de partout autour du stade plusieurs heures avant le coup d’envoi (prévu à 15h). Les mélanges de fernet-Coca, têtes de porcs jaune et bleu (photos) et caméras du monde entiers étaient rassemblées au même endroit où pétards, pyro et chants résonnaient.
Mastantuono sur le toit du monde
L’entrée en tribune a été l’un des moments les plus forts que j’ai vécu au stade. Même si j’avais déjà fait plusieurs fois le Monumental, le voir habillé en totalité de rouge et de blanc et surtout blindé de la sorte 1h avant le match m’a fortement marqué. Sur le terrain, River Plate a tenu son rang et nous a offert 2 buts dont un coup franc majestueux (lien) de la pépite argentine de 17 ans Franco Mastantuono, qui a fait le tour du monde. L’égalisation de Merentiel entre temps n’aura pas refroidi les ardeurs des Millonarios en tribunes avec certains pics impressionnants.
L'apocalypse à Rosario lors de Newell's Old Boys-Boca Juniors
Direction Rosario, la ville de Messi et Di Maria
Pas prévu au programme, ce match à Rosario était ciblé par les voyageurs du séjour. Le mythe autour de Newell’s est fort (ville de Messi et Di Maria, les succès de Marcelo Bielsa, etc.) et pouvoir vivre une telle affiche contre Boca Juniors a ouvert l’appétit à l’ensemble des voyageurs. J’ai donc fait le nécessaire pour gérer la partie transport et billetterie afin de rallier Rosario en aller/retour sur 24h et ce fut la meilleure décision possible. C’est dans mon top 3 des expériences vécues au stade et surement pas en 3ème position…
Milanesa, Quilmes et pyrotechnie : bienvenue dans la culture argentine
Après une petite balade le long du fleuve Parana et des fresques de Messi (Newell’s Old Boys) et Di Maria (Rosario Central), on s’est posés à table pour le seul moment calme de la journée, autour d’une milanesa et d’une Quilmes bien fraiche. Avec 30 degrés au compteur et un soleil tapant, on a pris le temps en avant-match de parcourir les différents stands de street-food et de maillots autour du stade. Une fois installés en tribune, on mesure que ça va être bouillant ! Un gamin d’une dizaine d’années est prêt pour l’entrée des joueurs avec un engin pyrotechnique en main qui sera allumé quelques secondes plus tard par…son propre père ! Ça c’est l’Argentine ! Le recibimiento (nom donné au « spectacle » à l’entrée des joueurs) est énorme et on comprend vite que ce match va être spécial.
Le penalty de Cavani et les trombes d'eau à Newell's
Les locaux ouvrent le score en tout début de match puis doublent la mise dans les arrêts de jeu de la 1ère mi-temps dans une ambiance électrique. L’orage, censé éclater dans la soirée, nous montre des signes annonciateurs. Le temps de la mi-temps, on perd facilement 8-10 degrés, un vent se lève et l’irréel pointe le bout de son nez. Dès la reprise, l’immense maillot de Maradona (qui a joué dans les 2 clubs) installé dans la tribune (pour cacher une partie des travaux en cours) se détache au fur et à mesure que la pluie arrive. La suite appartient à l’histoire.
Newell’s touche 2 fois les montants en moins de cinq minutes puis un penalty est sifflé en faveur de Boca Juniors… Cavani s’élance, frappe le poteau puis le ballon revient dans les pieds de son coéquipier qui bute lui cette fois sur Keylor Navas alors que le but était grand ouvert ! Une hystérie totale prend alors possession des supporters de la Lepra. Les chants sont surpuissants, les virages comme les latérales, donnent de la voix comme jamais alors que des trombes d’eau s’abattent sur le Coloso del Parque (officiellement Estadio Marcelo Bielsa). Les Rouge et Noir s’imposeront finalement 2-0 dans une atmosphère irréelle.
Le retour en minibus (4h de route) se fera difficilement tant nous sommes trempés de la tête aux pieds mais avec la sensation d’avoir vécu un moment unique.
L'hommage des supporters de San Lorenzo au Pape François, socio du club
Le mythique San Lorenzo
Pour les amateurs de football avertis, San Lorenzo a toujours une résonnance particulière. Son stade et ses supporters jouissent d’une belle côte depuis des décennies et Maradona avait d’ailleurs été élogieux vis-à-vis d’eux les présentant comme « la hinchada » la plus créative, la plus ingénieuse (voir vidéo). Le passage par le Nuevo Gasometro (estadio Pedro Bidegain) est donc obligatoire dans l’expérience foot à Buenos Aires. Regardez notre entrée au stade pour vous rendre compte (lien).
L'hommage au Pape François, socio de San Lorenzo
Le match contre Rosario Central s’annonçait donc passionnant à vivre et au final, ça le fut encore plus. Non pas pour le niveau de jeu affreux ce jour-là mais par la disparition en début de semaine du Pape François. L’écho de son décès a été mondial et certainement encore plus à Boedo, le quartier de San Lorenzo, où le Pape était socio. Ce match était donc le 1er après son décès et l’hommage qui lui a été rendu a été exceptionnel, tant par la dimension des tifos que par la sacralisation de ce moment là en avant-match (lien).
Le président de San Lorenzo pris à partie
Le succès des visiteurs (0-1 dans les dernières secondes) n’aura pas permis de célébrer ce moment plus intensément mais l’hommage vibrant avant le coup d’envoi a clairement été à la hauteur de l’amour que vouait le Pape François pour son club de cœur.
« Los cuervos » (surnom donné aux fans locaux) ont terminé la rencontre en prenant à partie le président du club. Ce dernier a été pris la main dans le sac, quelques jours avant (vidéos à l’appui), entrain de « négocier » l’arrivée de jeunes joueurs au club en demandant aux familles des jeunes concernés plusieurs milliers de dollars pour accepter leur venue. Et, encore plus dans un club qui appartient à ses supporters, ce type de démarches ne passent absolument pas.